L’argument ontologique de l’existence de Dieu ‎4 min read

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L’argument ontologique de l’existence de Dieu est un argument philosophique développé par saint Anselme, l’archevêque de Cantorbéry, au XIe siècle. C’est un argument a priori, ce qui signifie qu’il est basé sur le raisonnement et la logique plutôt que sur des preuves empiriques. L’argument est exposé dans l’œuvre d’Anselme « Proslogion ». Voici un résumé de l’argument ontologique :

  1. Dieu est défini comme « ce que rien de plus grand ne peut être conçu ». En d’autres termes, Dieu est le plus grand être concevable.
  2. Il est plus grand d’exister dans la réalité que d’exister seulement dans la compréhension (ou l’imagination).
  3. Si nous supposons que Dieu n’existe que dans notre compréhension (et non dans la réalité), alors nous pouvons concevoir un être plus grand qui existe à la fois dans la compréhension et la réalité.
  4. Mais cela contredit la définition de Dieu comme « ce que rien de plus grand ne peut être conçu ».
  5. Par conséquent, Dieu doit exister à la fois dans la compréhension et dans la réalité.

En termes plus simples, Anselme soutient que si nous pouvons concevoir le plus grand être possible (Dieu), alors il serait contradictoire de dire que cet être n’existe pas dans la réalité parce qu’exister dans la réalité est plus grand que n’exister que dans nos esprits. Par conséquent, la simple conception de Dieu comme l’être le plus grand exige que Dieu existe en réalité.

L’une des objections les plus courantes à l’argument ontologique est l’objection selon laquelle l’existence n’est pas un prédicat. Cette objection suggère que l’existence ne peut pas être une propriété puisqu’elle n’est pas une qualité comme la taille, le poids ou la couleur. Kant a soutenu que l’existence n’est pas un véritable prédicat et que l’argument ontologique échoue donc. Cependant, la réponse la plus courante à cette objection est que l’argument ontologique ne concerne pas la quantité ou la qualité de l’existence, mais plutôt le concept d’existence en général. En d’autres termes, l’argument n’assimile pas l’existence à un prédicat, mais souligne plutôt que l’existence est une composante nécessaire du concept de Dieu.

Une autre objection à l’argument ontologique est celle de l’île perdue d’Anselme. Cette objection suggère que l’argument pourrait fonctionner pour n’importe quel concept, pas seulement pour Dieu. Par exemple, on pourrait imaginer une île parfaite et ensuite affirmer que parce qu’elle est parfaite, elle doit exister. En réponse, de nombreux philosophes ont soutenu que le concept de perfection ne peut pas être attribué à une île de la même manière qu’il peut l’être à Dieu. Dieu est un être nécessaire – un être qui ne peut manquer d’exister, alors qu’une île ne l’est pas. Imaginer la plus grande île possible ne signifie donc pas qu’une telle île existe. Mais imaginer le plus grand être possible le fait exister, qui est Dieu, puisque le concept de Dieu n’est pas analogue à une île, car il implique une existence nécessaire.

Enfin, il y a l’objection du principe de raison suffisante. Cette objection postule que tout a besoin d’une raison ou d’une cause et que Dieu ne peut donc pas être l’exception. On pourrait se demander pourquoi l’existence de Dieu est nécessaire plutôt que contingente. En réponse, les philosophes ont soutenu que Dieu est différent de tout le reste puisqu’il est le créateur de l’univers et la source ultime de toute réalité. Il est hors de portée de la pensée rationnelle d’expliquer Dieu de la même manière que les autres objets, puisqu’il est la cause ultime de tout.

En conclusion, les objections à l’argument ontologique ne réfutent ni sa validité ni son bien-fondé. Ces objections ont suscité d’intéressants débats philosophiques tout au long de l’histoire et ont contribué à façonner notre compréhension du concept de Dieu. De plus, les philosophes continuent d’affiner et de clarifier l’argument tout en répondant aux objections, améliorant ainsi sa formulation originale.

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